Fédération des acteurs de la solidarité Auvergne-Rhône-Alpes

Actualités et ressources

CP 18 juillet 2018

Baisse de financement pour l’accompagnement des publics les plus précaires

2.3 millions d’euros à économiser d’ici fin 2018 en Auvergne-Rhône-Alpes !

De plus en plus de personnes et de familles sont confrontées au sans-abrisme et ont besoin d’accéder à un logement, à minima à un hébergement, et un accompagnement. Les dispositifs actuels ne peuvent faire face à cette demande toujours plus importante. La logique actuelle de l’Etat reste dans une gestion de l’urgence, avec des mises à l’abri basées sur le thermomètre, avec peu ou pas d’accompagnement social et des critères de vulnérabilité toujours plus restreints (enfant de moins de 1 an sur la métropole de Lyon).

Dans ce contexte tendu, l’Etat a pourtant décidé d’opérer une coupe budgétaire de 57M€ sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), dont 20M€ dès 2018. Au niveau régional, cette baisse est de 2,3 millions d’euros à réaliser d’ici fin 2018.

Cette réduction va impacter toutes les associations du secteur de l’accueil, de l’hébergement et de l’insertion des 12 départements de la région. Cette baisse représente une perte d’un équivalent de 43 postes de travailleurs sociaux en 2018, mais aussi de veilleurs de nuit, de personnels des services généraux puisque la sécurité ne pourra plus être assurée. C’est potentiellement la fermeture totale de certaines structures qui accueillent les plus fragiles qui est en jeu, et le chômage pour les salariés les moins qualifiés.

Cette baisse qui va se poursuivre jusqu’à la fin du quinquennat sera particulièrement préjudiciable aux personnes les plus en difficulté : femmes victimes de violence, public en sortie de prostitution, personnes sous-main de justice, publics très désocialisés, personnes nécessitant un suivi… – Des risques d’économies sur les prestations alimentaires, sur les aides d’urgence (transports, scolarité,) et sur la vie quotidienne des personnes en insertion – La menace d’une sélection accrue des personnes à l’entrée des CHRS en fonction de leur possibilité de participation financière mais aussi de leurs « capacités » d’insertion et d’autonomie – Une réduction des capacités d’innovation sociale des CHRS, d’accès aux soins ou d’insertion professionnelle. Nous craignons une remise à la rue des personnes les plus en difficulté.

La Fédération des acteurs de la solidarité et ses adhérents soutiennent les différentes actions portées dans le cadre du plan quinquennal du Logement d’abord, pour permettre un accès plus direct des personnes vers le logement. Mais cette politique nécessite que les personnes aient un minimum de revenus, des droits ouverts, un accompagnement sanitaire et social adapté, et prendra du temps pour être effective au plus grand nombre. De plus, une partie des personnes ciblées par cette politique sont actuellement accompagnées dans les CHRS, qui doivent rester un outil performant et adapté au sein même de cette politique.

En attendant, la logique d’économies du gouvernement va impacter les plus fragiles alors que les besoins d’accueil et d’accompagnement sont de plus en plus importants.

 

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