Fédération des acteurs de la solidarité Auvergne-Rhône-Alpes

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Du Housing first au « un chez soi d’abord »

En France le modèle housing first prend la forme d’une expérimentation scientifique randomisée, qui met en évidence des résultats encourageants.

Un décret est signé le 28/12/16 avec l’annonce d’un déploiement national.

« L’expérimentation un chez soi d’abord est une intervention sociale innovante qui s’appuie sur une approche basée sur les preuves précédemment validées outre-Atlantique. Elle postule que les personnes, y compris celles qui sont durablement sans-abris, ont des compétences pour accéder et se maintenir dans un logement. Elle propose un accès direct dans le logement comme préalable à l’accès aux droits, à des soins et à une insertion sociale et citoyenne. Elle offre un accompagnement intensif et pluridisciplinaire au domicile ». (source DIHAL). Le programme d’accès au logement qui a fait ses preuves aux Etats-Unis et au Canada s’est implanté progressivement en Europe dans les années 2000. Aujourd’hui, quatorze pays le développent à plus ou moins grande échelle.

En France, le housing first modélisé Pathway de Sam Tsemberis s’est mis place de manière progressive sous la forme d’une expérimentation scientifique et randomisée. Ainsi, des résultats scientifiques permettent de mettre en avant point par point les éléments de réussite du programme.

L’équipe du Mouvement d’action pour le Rétablissement Sanitaire et social (MARSS) à Marseille, a débuté son travail dans la rue, et s’est rapidement rendu compte que la principale problématique des personnes de la rue était l’accès à un logement. Le MARSS a participé à l’ouverture d’un squat début 2007. Ce squat dit thérapeutique ne suffisant pas, l’équipe MARSS a négocié avec l’Etat la mise en œuvre de l’expérimentation «un chez soi d‘abord» en 2011 commandée par Roselyne Bachelot et Benoist Apparu.

Initialement, le programme « Un chez soi d’abord » est un programme de recherche issu du principe du logement d’abord (Housing first). Le programme s’est déroulé sur quatre sites (Paris, Lille, Toulouse et Marseille). Téléchargez la plaquette de présentation du programme

Les places de chaque sites sont pérennisées, à partir de 2017, chacune de ces organisations devra se mettre en conformité avec le décret du 28/12/16.

Des résultats encourageants pour un déploiement national amorcé par décret : 355 personnes effectivement logées par le dispositif sur les sites expérimentaux sur les 400 personnes de la cohorte. S’adressant à un public plutôt jeune (38 ans de moyenne d’âge), très vulnérable (huit ans en moyenne sans domicile et quatre ans et demi à la rue) et fragilisé (80% d’addictions et 50% de pathologies chroniques), la stratégie s’est révélée « efficace dès les premiers mois d’accompagnement ». Ainsi, sur la première année, plus de 80% des personnes accompagnées sont restées dans leur logement. Ces bénéfices immédiats se poursuivent sur le long terme. En 2015, soit quatre ans après le début de l’expérimentation, plus de 85% des personnes sont toujours logées et suivies. Le bilan conclut qu’il n’y a pas, à priori, de caractère prédictif à la capacité d’habiter. De même, il ressort que « l’efficacité de la stratégie est garantie par la poursuite de l’accompagnement quel que soit le parcours résidentiel de la personne (sortie du logement, incarcération, mobilité, hospitalisation, etc.), la pluridisciplinarité de l’équipe, l’accompagnement au domicile, la proposition d’une palette de services et le respect du choix de la personne concernant son logement (type et lieu) et les services d’accompagnement (rythme et type) ».

Téléchargez le rapport 2016 de la DIHAL

Le décret du 28 »décembre 2016 vient signifier les orientation du déploiement national « Un chez soi d’abord »

Accompagnement et soins, un changement de paradygme :

  • Un accès immédiat à un logement sans oublier le principe du choix de l’usager et de son autodétermination. Et ce sans obligation de soins et/ou de sevrage, basé sur la réduction des risques
  • Un accompagnement pluridisciplinaire adapté aux besoins de la personne
  • Une approche du « rétablissement » acceptée et intégrée par les personnes et par l’équipe de professionnels ou de bénévoles
  • Une intégration des travailleurs pairs ou médiateurs de santé pairs
  • Un principe de multi-référence dans les équipes
  • Des partenariats forts, voire coopératifs, entre le secteur hospitalier, l’addictologie, le social, les acteurs du logement, les services déconcentrés de l’état et collectivités locales
  • Une évaluation qualitative et quantitative continue de l’action et du suivi de la personne

La pratique du rétablissement, clés de la réussite du programme et d’un possible accès au bien-être des personnes :

  • Développé aux Etats-Unis à partir des années 1970, ce concept est né d’une revendication des malades eux-mêmes qui luttaient pour accéder à une citoyenneté pleine et entière
  • Le concept est aujourd’hui devenu, par le biais de chercheurs, des soignants et des décideurs politiques, une nouvelle façon d’organiser les soins dans le champ de la santé mentale
  • Le programme « Un chez-soi d’abord » en est une déclinaison, autour des problématiques particulières des personnes sans logement. Bien plus que la maîtrise des symptômes, le rétablissement permet de retrouver une estime de soi, un rôle valorisant
  • le rétablissement, avant d’être une philosophie, est un ensemble de pratiques innovantes

Retrouvez le programme de la formation « Le rétablissement en santé mentale » , proposée en partenariat avec ODI-C

 

Retrouvez l’article Les origines du Housing First, de New-York vers un déploiement mondial du modèle

Retrouvez l’article Le logement d’abord et le « Un chez soi d’abord » en région Auvergne-Rhône-Alpes

Information

Cette entrée a été publiée le 19 juin 2017 par dans logement.

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